mercredi 28 mars 2018

FORUM NATIONAL INCLUSIF

SYNTHÈSE DES TRAVAUX 

Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat ;
Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, Président du Haut Comité chargé des Réformes Institutionnelles ;
Monsieur le Président de l’Assemblée nationale ;
Messieurs les Anciens Présidents de la Républiques et Anciens Premiers Ministres ;
Mesdames et Messieurs les Présidents des grandes institutions de la République du Tchad ;
Madame la Première Dame du Tchad ;
Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement ;
Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Représentants des Organisations Internationales au Tchad ;
Chers participants ;
Mesdames et Messieurs en vos rang, distinction et grade respectif ;
Annoncées le 08 août 2016 par le Président de la République lors de son investiture, les Réformes institutionnelles ont fait l’objet du Forum National Inclusif lancé officiellement le 19 mars 2018 par le Président de la République. Le Forum National Inclusif a regroupé 1169 participants venus  des 23 régions du Tchad et des pays étrangers.
Après la cérémonie d’ouverture, la journée du 19 mars a été consacrée uniquement à l’enregistrement et à l’installation des participants. La journée du 20 mars, elle a été consacrée à l’organisation du cadre du travail et notamment l’adoption du Règlement Intérieur des assises et la mise en place du Présidium chargé de conduire les travaux. Les autres journées sont consacrées à l’examen de six (06) thèmes du Forum à travers les présentations PowerPoint, les débats en plénière et la formulation des résolutions.
Les six thèmes débattus sont :
1.      La forme de l’Etat ;
2.      Le réaménagement des grandes institutions de la République ;
3.      Le régime des parlementaires ;
4.      La réforme en vue de la consolidation de la paix, de l’union nationale, de la stabilité, de l’Etat de droit et de la bonne gouvernance ;
5.      La réforme judiciaire ;
6.      La promotion de la femme et de la jeunesse.
La journée du 21 mars 2018 a été consacrée à l’étude du thème « La forme de l’État » présenté par Monsieur SENOUSSI HASSANA ABDOULAYE, ce thème a mis en exergue les points relatifs :
·         Au débat sur la fédération ;
·         Au partage de compétences entre l’État et les Collectivités locales ;
·         A la chefferie traditionnelle ;
·         Au statut particulier de la ville de N’Djamena.
Après les discussions conduites par Madame la Première Vice-présidente, le Rapporteur Général a présenté les résolutions qui ont été adoptées comme suit :
1.      Le maintien d’un Etat unitaire fortement décentralisé avec deux niveaux collectivités décentralisées à savoir les Provinces et les Communes et deux unités administratives à savoir les Provinces et les Départements ;
2.      La fixation du nombre de Provinces à 17 soit les 14 anciennes Préfectures avec l’éclatement de l’ancien BET en trois Provinces (Borkou, Ennedi, Tibesti) et l’ajout de la ville de N’Djaména comme une Province à statut particulier ;
3.      Le rejet de la désignation des Provinces par les points cardinaux et par conséquent le maintien des anciennes appellations qui constituent un patrimoine culturel du Tchad ;
4.      L’érection de toutes les sous-préfectures en communes dont les ressorts territoriaux s’étendront aux zones rurales dépendant des sous-préfectures actuelles ;
5.      Confier la tutelle administrative des Provinces aux Gouverneurs et celle des Communes aux Préfets ;
6.      Consacrer clairement la répartition des ressources et des compétences entre l’Etat et les Collectivités locales dans la constitution en indiquant les domaines qui sont exclusifs à l’Etat, ceux qui sont exclusifs aux Collectivités et ceux qui sont partagés ;
7.      Créer une Agence chargée de gérer les ressources des Collectivités locales ;
8.      Exiger un vote identique des deux chambres du Parlement pour les projets de textes susceptibles de toucher aux compétences et aux ressources des Collectivités locales ;
9.      Adopter les termes « Collectivités Autonomes » en lieu et place de « Collectivités Territoriales Décentralisées » ;
10.  Déroger au principe de l’unicité de caisse en permettant l’ouverture de comptes dans les banques primaires au profit des Collectivités Autonomes tout en renforçant les mécanismes de contrôle a posteriori ;
11.  Créer une Fonction Publique Locale en y transférant prioritairement les agents de l’Etat ;
12.  Créer un Centre d’Etude et de Recherche sur l’administration territoriale afin de former et de mener des recherches sur les métiers de la décentralisation et ses multiples enjeux ;
13.   Redéfinir le statut particulier de la ville de N’Djaména en lui conservant l’exclusivité de la personnalité juridique et étendre son ressort sur la base d’un schéma directeur à élaborer ;
14.  Mettre sur pied une Commission nationale multidisciplinaire à l’effet d’effectuer, en urgence, la délimitation des Collectivités Autonomes et faire valider son rapport à un atelier élargi dont les conclusions seront mises en œuvre par le gouvernement ;
15.  Poursuivre la restructuration des chefferies traditionnelles en supprimant ou en fusionnant celles dont l’existence serait superflue ou problématique et accorder une place de choix à   cette institution qui demeure l’âme de la nation tchadienne.
Le programme a consacré la journée du 22 mars 2018 à l’étude de deux thèmes : « Le réaménagement des grandes institutions » présenté par AP-YANG NDIKBA PEPKISSAM et « Le régime des parlementaires » présenté par le Député JACQUES LAOUHINGAMAYE DINGAOMAIBE. Sous la direction du Deuxième Vice-président, les participants ont débattu et pris des résolutions suivantes présentées par Monsieur le Rapporteur Général:
Sur les grandes institutions
1.      Les participants ont soulevé la question du régime politique pour le Tchad et ils ont, dans une majorité écrasante, opté pour un régime présidentiel intégral ;
2.      Les institutions suivantes sont supprimées : la Primature, la Médiature ainsi que le Collège de Contrôle et de Surveillance des Revenus Pétroliers ;
3.      La Cour des Comptes, le Conseil Constitutionnel et la Haute cour de justice deviennent des Chambres de la Cour Suprême ;
4.      Le Haut Conseil de la Communication devient la HauteAutorité de l’Audiovisuel, et des médias.
Sur le régime des parlementaires
5.      Après plusieurs débats contradictoires et suite à divers éclaircissements tant politiques que techniques, la plénière a retenu le maintien de la forme monocaméral actuel et la création d’un Haut Conseil des Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD) et Des Chefferies Traditionnelles qui sera le répondant des CTDet prendra en compte le rôle important conféré aux Chefferies Traditionnelles ;
6.      Fixer le mandat des Députés à cinq (5) ans renouvelables une seule fois ;
7.      Faire du département, la circonscription électorale pour les élections législatives
8.      Fixer des conditions d’éligibilité favorisant l’élection des Députés disposant des aptitudes intellectuelles raisonnables ;
9.      Instaurer la représentativité des tchadiens de la diaspora et des nomades à l’Assemblée Nationale ;
10.  Restaurer la suppléance des Députés et en réglementer l’exercice ;
11.  Renforcer les garanties juridiques pour assurer la représentation des femmes à l’Assemblée Nationale et les Assemblées Locales ;
12.  Maintenir le mode de scrutin actuellement en vigueur qui combine le système majoritaire à un seul tour et la représentation proportionnelle au plus fort reste.
La journée du 23 mars 2018 est réservée à l’étude du vaste thème «La réforme en vue de la consolidation de la paix, de l’union nationale, de la stabilité, de l’Etat de droit et de la bonne gouvernance » présenté par Madame AMMINA EHEMIR TORNA. Les débats dirigés par le troisième Vice-président ont abouti aux conclusions suivantes présentées par Madame le première Rapporteure Adjointe :
1.      Introduire dans la compétence de la chambre constitutionnelle le contrôle obligatoire de toutes les Lois sur les libertés publiques et les droits de l’homme ;
2.      Créer une cour chargée de la répression des infractions économiques et financières (CRIEF) pour contribuer à l’assainissement des finances publiques et la bonne gouvernance ;
3.      Constitutionnaliser la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) en tant qu’Autorité Administrative Indépendante ;
4.      Constitutionnaliser le statut de l’opposition démocratique ;
5.       Poursuivre la professionnalisation de l’armée par la mise en œuvre complète des recommandations des états généraux;
6.      Fixer de manière pérenne, la structure générale du gouvernement et attributions de ses membres;
7.      Elargir l’obligation de déclaration du patrimoine des agents de l’Etat, y compris ceux des établissements publics et soumettre les déclarations mensongères au régime pénal du faux serment ;
8.      Instituer un engagement déontologique que chaque agent public doit signer au cours d’une cérémonie de prise de service suivant son recrutement. Cet engagement peut également être signé par les anciens fonctionnaires mais sans cérémonie ;
9.      Vulgariser les textes sur la charte de la transparence dans la gestion des finances publiques ;
10.  Limiter le mandat du Président de la République à six (6) ans renouvelable une seule fois ; et celui des élus locaux également à six (6) ans renouvelableune seule fois 
11.  Instituer le serment confessionnel pour certaines catégories d’agents de l’Etat dont la formule sera fixée par la Loi après consultation des confessions religieuses ;
12.  Renouveler l’appel au retour à la légalité à l’adresse des frères et sœurs en exil et renforcer cet appel par le vote d’une loi d’amnistie ;
13.  Instaurer l’obligation du service civique et favoriser le brassage des jeunes tchadiens à travers des événements organisés dans le cadre d’une coopération interprovinciale ;
14.  Définir un nouveau Cadre de dialogue politique à travers la recherche d’un large consensus des acteurs politiques;
15.   Réviser la charte des partis politiques afin de mieux encadrer les conditions de leur création, de leur activité et de leur financement public ;
16.  Renforcer les mécanismes des garanties de l’indépendance de l’organe en charge des élections, et en faire une structure permanente soustraite des influences partisanes.
La journée du 24 mars 2018 a été consacrée à la discussion sur le thème « Réforme judiciaire » présenté par ROTTA DINGAMADJI CARLOS sous la direction de Madamela première Vice-présidente. Les participants ont adopté les conclusions suivantes formulées par Monsieur le deuxième Rapporteur Adjoint :
1.      Renforcer l’indépendance et le prestige du pouvoir judiciaire;
2.      Mieux encadrer l’accès à la profession de magistrat ;
3.      Réactualiser les textes régissant les professions libérales en associant les différents corps concernés ;
4.      La pratique de la « Diya » qui n’est qu’une réparation civile par solidarité prévue par certains us et coutumes ne doit pas être généralisé. Elle ne fait en aucun cas obstacle à l’action publique. La responsabilité pénale doit être individuelle et non collectives ;
5.      Les Présidents des grandes institutions et les membres du gouvernement sont justiciables devant la CRIEF ;
6.      Mettre sur pied des comités ad hoc sous le contrôle de l’autorité judiciaire afin de régler tous les contentieux fonciers pendants qui encombrent les tribunaux et menacent la paix sociale ;
7.      Réserver le règlement des litiges fonciers ruraux autant que faire se peut aux autorités traditionnelles ;
8.      Rendre opérationnel l’observatoire du foncier tout en accélérant le processus d’élaboration d’une politique foncière et l’adoption des codes foncier et rural ;
9.      Mettre en place une commission multisectorielle en vue de faire des propositions sur les voies et moyens pouvant aboutir au règlement des condamnations judiciaires contre l’Etat et des démembrements ;
10.  Mettre sur pied une justice militaire après le vote d’une loi déterminant les principes fondamentaux de l’organisation des forces de défense et de sécurité ainsi qu’une charte des droits et devoirs de leurs membres ;
11.  Adapter la carte judiciaire à la nouvelle organisation du territoire national ;
12.  Renforcer les tribunaux de commerce, les faire connaître et  faciliter la spécialisation des magistrats pour assurer la fluidité et la célérité dans le contentieux du droit des affaires ;
13.  Accélérer la procédure d’adoption du code des personnes et de la famille pour faciliter la résolution des litiges devant les prétoires.
Les journées du 25 et 26 mars 2018 sont consacrées à l’analyse du thème « La promotion de la femme et de la jeunesse » présentés par Monsieur LARME KELMAPONE et Madame AMINA TIDJANI YAYA. Après de très riches débats présidés par Monsieur le deuxième Vice-président, le troisième Rapporteur Adjoint et Madame la quatrième Adjointe au Rapporteur ontformulé les résolutions qui sont adoptées comme suit :
Sur la promotion de la femme
1.      Conférer une base constitutionnelle et une meilleure représentativité des femmes dans les fonctions électives et non électives ;
2.      Faire de la journée du 08 mars un jour chômé et payé sur l’ensemble du territoire nationale ;
3.      Mettre en œuvre la politique nationale genre et compléter l’arsenal juridique existant par l’adoption des textes nationaux et la ratification des textes internationaux sur la promotion des droits de la femme ;
4.      Créer un observatoire genre ;
5.      Inciter les banques primaires et les établissements de microfinance à ouvrir des lignes spéciales femmes pour l’octroi des crédits à taux quasi nul et à des conditions simplifiées avec la garantie de l’Etat ;
6.      Dissocier le volet Affaires Sociales et Solidarité Nationale du Ministère en charge des Questions du Genre et de la Famille ;
7.      Matérialiser par une Loi le quota de représentation de 30% des femmes dans les fonctions électives et nominatives comme mesure transitoire en attendant la parité ;
8.      Faire de la semaine Nationale de la femme un véritable cadre d’échanges, évaluations et d’engagements pour la promotion de la femme et du genre.
Sur la promotion de la jeunesse
9.      Associer les jeunes à toutes les instances de prises de décisions de l’État ;
10.  Créer un observatoire de la Jeunesse ;
11.  Organiser un forum sur la jeunesse et le sport pour donner l’occasion aux jeunes d’exprimer leurs préoccupations aux plus hautes autorités ;
12.  Procéder à la réforme du système éducatif conformément aux recommandations de la commission d’enquêtes parlementaires ;
13.  Renforcerle mécanisme de suivi des fonds mis au profit de la jeunesse ;
14.  Prendre en compte l’entreprenariat dans le curricula de formation des instituts et universités
15.  Inciter les établissements bancaires à octroyer des crédits aux jeunes entrepreneurs ;
16.  Ratifier la convention de Florence du 17 juin de 1950 et le Protocole de Naïrobi du 26 novembre 1976 ;
17.  Adopter la politique Nationale de protection de l’enfance ;

Sur les personnes handicapées
1.      Accorder une place de choix à l’éducation et à l’emploi des personnes handicapées notamment par la mise en place des structures adaptées pour leurs épanouissement et des mécanismes d’incitation à l’embauche ;
2.      Adapter les infrastructures aux besoins spécifiques des personnes handicapées.
Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat ;
Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, Président du Haut Comité chargé des Réformes Institutionnelles ;
Monsieur le Président de l’Assemblée nationale ;
Messieurs les Anciens Présidents de la Républiques et Anciens Premiers Ministres ;
Mesdames et Messieurs les Présidents des grandes institutions de la République du Tchad ;
Madame la Première Dame du Tchad ;
Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement ;
Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Représentants des Organisations Internationales au Tchad ;
Chers participants ;
Distingués invités, Mesdames et Messieurs ;

Voici donc la quintessence des travaux du Forum National Inclusif déclinés en 75 décisions pour consolider la démocratie et renforcer l’efficacité de l’État.
Fait à N’Djaména, le 27 mars 2018
Les rapporteurs du Présidium du Forum National Inclusif
Je vous remercie.

 

samedi 24 mars 2018

Journée mondiale de l’eau: « Sauvegarde de l’eau, sauvegarde de la vie »

L’accès à l’eau potable et sûre est un droit humain primordial, fondamental et universel, parce qu’il détermine la survie des personnes, et par conséquent il est une condition pour l’exercice des autres droits humains. Le Tchad a une grave dette sociale envers les pauvres qui n’ont pas accès à l’eau potable, parce que c’est leur nier le droit à la vie, enraciné dans leur dignité inaliénable.
 



 

Kigali Water : quelles leçons tirer du premier PPP en Afrique dans le secteur de l’eau ?



a la recherche de l'eau au Tchad/JPO
En cette Journée mondiale de l’eau, le Private Infrastructure Development Group (PIDG) (a) se réjouit de la réussite d’un projet (a) entrepris à Kigali pour améliorer l’approvisionnement en eau.
La grande usine de traitement, qui devrait être livrée en 2020, produira 40 mégalitres d’eau potable par jour, soit un tiers de l’approvisionnement total de la capitale du Rwanda. L’eau prélevée dans la rivière Nyabarongo sera traitée avant d’alimenter jusqu’à 500 000 usagers (particuliers, professionnels et industriels). Le projet de Kigali est un jalon important puisqu’il a donné lieu au premier partenariat public-privé (PPP) conclu dans le secteur de l’eau en Afrique subsaharienne.
Trois membres du PIDG — à savoir l’Emerging Africa Infrastructure Fund (EAIF) (a), le Fonds d’assistance technique (TAF) (a) et le DevCo (a) — ont contribué au financement du projet à différents stades de son développement. L’EAIF, qui avait déjà apporté son soutien à deux projets innovants au Rwanda (Gigawatt Solar [a] et Kivu Watt [a]), était idéalement placé pour monter un financement à long terme au profit du promoteur Metito (a), fournisseur mondial de solutions pour la gestion de l’eau disposant de 60 ans d’expérience dans le développement et la gestion d’infrastructures hydrauliques dans les pays émergents.

L’atteinte de l’Objectif de développement durable (ODD) no 6, à savoir garantir un accès universel à l’eau potable, passera nécessairement par la réalisation de nombreux autres projets de ce type dans les pays à faible revenu d’Afrique subsaharienne et d’Asie.Voici les enseignements clés à tirer de la réussite du projet de Kigali et dont on pourra s’inspirer pour d’autres projets.
Un financement mixte bien coordonné
Le projet a bénéficié d’un dispositif de financement mixte bien coordonné. L’EAIF s’est chargé d’organiser le financement de la station de traitement, soit 61 millions de dollars, en octroyant un prêt conjoint de 40 millions de dollars étalé sur 18 ans avec la Banque africaine de développement (BAD). L’EAIF a également levé des investissements auprès d’autres membres du PIDG afin de donner l’impulsion à un projet de développement qui n’aurait peut-être pas vu le jour autrement. L’appui financier fourni par le DevCo, mécanisme de conseil spécialisé en PPP de la Société financière internationale (IFC), a ainsi permis de structurer l’opération et son appel d’offres. Le TAF a par ailleurs débloqué un financement de 6,5 millions de dollars décisif pour atteindre le seuil de viabilité, réduire les coûts initiaux et permettre aux pouvoirs publics d’accroître le nombre de personnes reliées à un système d’adduction d’eau fiable sans hausse des tarifs — au terme de la première phase, le projet devrait bénéficier à 150 000 usagers. Grâce à ce soutien coordonné, le promoteur Metito et les autorités rwandaises ont pu disposer de l’assurance et de la sécurité nécessaires pour se lancer dans un projet novateur et abordable pour toutes les parties concernées, y compris les utilisateurs finaux.
Priorité à l’efficacité
Dans sa conception initiale, le projet comprenait la réalisation d’infrastructures de distribution indispensables pour qu’il puisse atteindre son plein impact (stations de pompage, réservoirs, conduites d’eau…). Au cours de la phase de développement, il est apparu qu’il serait plus efficace de confier une partie de ces infrastructures à la régie municipale. Metito et les autorités rwandaises ont alors passé un accord séparant la construction des équipements de production des infrastructures de distribution et confiant cette tranche de travaux à la WASAC (a), la compagnie des eaux du Rwanda, dans le cadre d’une enveloppe de financement distincte fournie par le Rwanda et la BAD. Le choix d’une approche globale pour la production et la distribution de l’eau et la recherche de solutions de financement pragmatiques ont ainsi permis de préserver des composantes clés qui profiteront aux utilisateurs des communautés voisines.
Le rôle crucial de la communication
A la recherche de l'eau au Tchad/JPO
Ce constat peut sembler simpliste, mais, de fait, la bonne communication entre toutes les parties prenantes a joué un rôle essentiel dans la réussite du PPP. Les réunions régulières conduites dans le pays entre les autorités, les prêteurs et le promoteur du projet ont garanti un processus inclusif et consultatif permanent qui a permis de mener à bien des négociations par nature délicates. Grâce à la solidité de l’équipe sur le terrain, les différents acteurs ont pu anticiper et aplanir les difficultés en consultation avec le promoteur et les pouvoirs publics.

Montrer ce qui est réalisable
En matière d’eau et d’assainissement, nous sommes encore loin d’atteindre les niveaux de financements commerciaux nécessaires pour répondre aux besoins là où ils sont les plus grands. À l’instar du PIDG, les institutions multilatérales de financement jouent un rôle précurseur dans la réduction des risques : elles montrent ce qui est réalisable et encouragent le secteur privé à investir dans des projets similaires aux côtés de partenaires publics.

J’espère que les leçons tirées du projet de Kigali aideront les pays à se rapprocher toujours plus de l’ODD n° 6 et que chaque Journée mondiale de l’eau sera l’occasion de célébrer de nouveaux progrès.

Recommandations du Colloque Regional sur la Radicalisation et l’Extremisme Violent dans le Sahel

Le colloque régional, qui a eu lieu à Bamako du  11 au 13 octobre 2016; sur le radicalisme et l'extrémisme violent a fait d'impo...