lundi 19 mars 2018

Une Mission ECHO à Goré pour évaluer l’urgence liée à l’arrivée de nouveaux réfugiés Centrafricains

L’équipe de la mission ©UNHCR/A. Ngargoune

La Sous Délégation UNHCR de Gorē a reçu du 12 au 15 mars 2018 une mission ECHO (Aide Humanitaire et Protection Civile de la Commission de l’Union Européenne). Elle était accompagnée du Représentant adjoint du HCR/Protection, du Secrétaire Permanant de la Commission Nationale d'Accueil et de Réinsertion des Réfugiés et de Rapatriés (CNARR) et du Chargé du Programme Transferts Monétaires au PAM. Une équipe de l’Agence Turque de Coopération et de Coordination du Tchad (Tika) s’est aussi jointe à la mission.
La délégation d’ECHO conduite par sa chef d’unité Afrique du Nord, Occidentale et Centrale et de son chef de bureau au Tchad a eu pour objectifs principaux : de constater de visu la situation des urgences, relever les défis majeurs en matière de protection et d’assistance en vue d’éventuelles contributions et visiter les activités majeures mises en œuvre sur fonds ECHO notamment le site maraicher et les Activités Génératrices de Revenus. Cette mission intervient dans une circonstance particulière. Elle arrive à Gorē le même jour de l’activation de l’urgence niveau 2 au Sud du Tchad par le siège du HCR.
En effet, depuis le 26 décembre 2017, suite à des affrontements entre des groupes armés au nord de Paoua (République Centrafricaine), suivis d’exactions commises sur la population civile, un afflux de réfugiés centrafricains a été enregistré au sud du Tchad. On dénombre 21.448 réfugiés enregistrés dont 5,852 installés dans les camps de Doholo, Dosseye, Amboko et Gondje et les autres installés dans 44 villages d’accueil sur les axes de Békan, Oudoumian et dans les villages de Moissala, ceci avec le soutien permanent des autorités. Cet afflux est le plus important depuis 2014 et dépasse la capacité opérationnelle des organisations humanitaires. 1,300 abris d’urgence ont été construits à Dosseye et Doholo et 2,192 PBS (Personnes à Besoins Spécifiques) y compris les ENA/ES (Enfants Non Accompagnés / Enfants Séparés) ont été enregistrés dans la base de données progrès du HCR.
Lors de la visite de courtoisie de la mission, le Préfet du Département de la Nya Pendé a formulé des doléances en rapport avec la nécessité de désenclaver certains villages hôtes ainsi que l’importance de l’adduction en eau potable. Il a aussi rappelé que «les ressources naturelles dont dépendent les populations autochtones sont sévèrement affectées par l’afflux de nouveaux réfugiés et qu’il est nécessaire de converger les efforts pour y trouver une solution idoine ». La mission a, quant à elle témoigné sa profonde gratitude aux autorités pour leur politique d’hospitalité et félicité les populations autochtones pour leur générosité en faveur des réfugiés centrafricains avant de réaffirmer sa disponibilité à apporter sa contribution pour faciliter la coexistence pacifique et le développement progressif de ces zones.
Pour constater de visu les réalités, l’équipe s’est rendue dans les camps de Doholo et Dosseye. Elle y a visité les nouveaux sites de relocalisation, l’école, le centre de santé et les projets financés par ECHO. Le passage de la mission au camp de Doholo a coïncidé avec une distribution du cash à usage multiple, une opération inter agence (HCR, FAO, PAM, UNFPA et UNICEF) comprenant l’alimentation, la santé et le Wash (Eau, Hygiène et Assainissement) d’une valeur de 5.500 FCFA par personne et par mois.
Le camp de Doholo ouvert le 03 décembre 2014 est le dernier camp à Goré. Pour cette urgence, c’est le camp qui a accueilli le plus grand nombre de nouveaux réfugiés en relocalisation. 800 abris d’urgence (dont 640 construits par le HCR) et 06 hangars de transit y ont déjà été construits.
Au cours des échanges avec les nouveaux réfugiés, l’équipe de la mission a été touchée par le témoignage d’un refugié arrivé au Tchad le 26 décembre 2017 qui a déclaré : «j’ai tout perdu avant de venir au Tchad le 26 décembre 2017. Ma maison était complètement incendiée. Je n’ai pas les traces de ma femme et de mes enfants jusqu’à présent. J’ai bénéficié de la générosité des frères tchadiens à mon arrivée dans le village frontalier Bekoninga. Aujourd’hui je réitère ma gratitude au HCR qui m’a donné un abri. Merci aussi au PAM pour son assistance alimentaire».
Le périmètre maraicher de Doholo est un micro projet de développement dans la vallée de ladite localité arrosé par un pompage d’eau depuis la rivière Pendé. Ce projet financé par ECHO profite à la population locale et aux réfugiés. Sous financement ECHO sur un aménagement de 4ha, 88 réfugiés dont 55 nouveaux réfugiés et 3 autochtones y font le maraichage. En perspective, ce projet vise à mettre un maillon de commercialisation avec les grossistes maraicher de Gore et Moundou. 
Une chef de ménage reçoit l’assistance ©UNHCR/A. Ngargoune
Après Doholo, la visite au camp de Dosseye était faite au centre de formation professionnelle (VTC) et sur le site en aménagement devant accueillir les nouveaux réfugiés. Les principaux défis du VTC présentés sont la reconnaissance juridique du parchemin des lauréats par le Gouvernement du Tchad et la baisse des ressources impactant la réduction du nombre des apprenants en dépit de la hausse de la demande.
Dans les villages d’accueils Békan, Koutou Mballa, les discussions ont été simultanément organisées avec les réfugiés et les populations hôtes à la suite des échanges avec le Sous- Préfet de Bekan. Dans tous les villages, le besoin d’accès à l’eau potable et d’autonomisation des réfugiés et des communautés hôtes ont été relevés. Les visites de terrain se sont poursuivies jusqu’à la frontière entre le Tchad et la République centrafricaine où ont eu lieu des échanges avec les réfugiés de Koutou-Mballa résidant à la frontière. Ces derniers ont déclaré ne pas vouloir être relocalisés au-delà du village de Békan.
La mission a, pour terminer, visité les ponts abimés qui constituent un enjeu majeur pour relier les villages d’accueil en vue du monitoring de protection et l’assistance surtout avec les saisons de pluies qui s’annoncent.
Au cours des discussions dans les villages, Mme Susanne Mallaun, chef d’unité Afrique du Nord, Occidentale et Centrale a passé des messages clés : «il est important d’établir dès cette phase d’urgence, une bonne connexion entre la réponse d’urgence et les actions à plus long terme de l’assistance. Il importe de privilégier toutes les actions qui encourageraient la cohabitation pacifique entre réfugiés et autochtones. L’Union Européenne reste très sensible à cette situation ».
La réunion de débriefing qui a eu lieu le 14 mars a permis de présenter le plan de réponse global à l’urgence du sud qui reste sous financée en dépit de l’apport du CERF (fonds d’urgence) avec l’octroi de 30% des besoins exprimés. Les grands défis à relever sont entre autres : l’accès aux villages d’accueils (réhabilitation des ponts), le fonctionnement des écoles (pour éviter l’oisiveté et les fléaux sociaux), l’accès à l’eau potable, les abris, le contrôle de la situation nutritionnelle des enfants et des femmes, l’enregistrement et la documentation, les moyens d’existence, la sécurité alimentaire et les articles non alimentaires. Les discussions entre l’équipe de la mission et tous les partenaires impliqués dans la gestion des urgences ont été surtout orientées vers le plan de réponse qui met en exergue les priorités, les réponses, les défis et les gaps. Il a été recommandé d’établir un plan de réponse qui alliera les activités humanitaires et celles de développement dans la zone.
En rappel, ECHO est le deuxième contributeur aux opérations du HCR Tchad en 2017 avec un financement de 5 millions de Dollars au bénéfice des réfugiés soudanais et centrafricains.
L’institution, toujours au chevet des refugiés et autres personnes sous mandat du HCR vient d’annoncer : «L'Union européenne se tient aux côtés des réfugiés centrafricains et des communautés qui les accueillent dans le Sud du Tchad. Dans cette région frappée par une détérioration de la sécurité alimentaire et avec un faible accès aux services de base tels que la santé ou l’éducation, l’assistance humanitaire demeure essentielle. Le département des opérations d’aide humanitaire européennes de la Commission Européenne apporte 1 million d’euros en soutien aux populations dans le besoin. Nous travaillons en étroite collaboration avec la direction européenne du développement pour assurer le lien entre la réponse d’urgence et les actions à plus long terme. Dans ce sens, la Délégation de l’Union Européenne au Tchad va aussi soutenir cette région avec des financements supplémentaires »
Au 28 février 2018, le Tchad compte 438.695 réfugiés dont 327.454 soudanais, 101.426 centrafricains et 9.540 nigérians.
Aristophane Ngargoune
Pour plus d’information contacter Aristophane Ngargoune
P.I. Associate, UNHCR N’Djamena

samedi 10 mars 2018

Le Golfe de Guinée



Institut de Sécurité Maritime Interrégional (ISMI) organise un séminaire sur le trafic de drogue par voie maritime dans le Golfe de Guinée.
Le développement des actes de criminalité maritime dans le golfe de Guinée, est l’une des menaces les plus sérieuses contre la desserte régulière des ports de la sous région.
En s’attaquant au secteur maritime et portuaire qui constitue le poumon des économies, les criminels de mer mettent en péril les efforts de développement des Etats. Aujourd’hui, nul n’ignore la tourmente dans laquelle se trouvent les Etats d’Afrique de l’Ouest et du Centre touchés par le trafic de drogue en provenance des Etats d’Amérique Latine.
C’est pour contribuer à une riposte efficace à ces menaces que l’Institut de Sécurité Maritime Interrégional (ISMI) organise cette formation. « Ce séminaire vise à établir un état des lieux sur la menace, ses implications et à identifier les moyens d’actions. Il est nécessaire d’envisager les évolutions juridiques, institutionnelles et techniques de lutte contre le trafic de stupéfiants » souligne le Directeur de l’ISMI. Au cours de cette formation, un guide des procédures juridiques et opérationnelles au profit des Etats du Golfe de Guinée, sous la direction du Centre Interrégional de Coordination (CIC) a été rédigé.  
 
Cette quatrième édition regroupe une trentaine de participants venant du Ghana, du Sénégal, du Bénin, du Togo, de la Guinée, de la Sierra Leone, du Liberia, du Gabon, du Gabon, du Cameroun, de la Mauritanie, de la Côté d’Ivoire et des partenaires techniques et financiers. L’initiative a été soutenue par la France.

La Région du Lac Tchad, le PNUD mobilise la communauté internationale



 Une délégation de donateurs, chercheurs et diplomates en visite exploratoire dans la région du Lac 
Le PNUD mobilise la communauté internationale pour soutenir le relèvement, la résilience et la stabilisation de la région du Lac. La région du lac rencontre des problèmes de développement et des crises humanitaires qui affectent considérablement le développement local et les conditions de vie des populations. Depuis 2015, le PNUD a réalisé une série d’interventions régionales et nationales dans divers domaines (prévention de la radicalisation, gestion des frontières et des communautés transfrontalières, appui à la lutte antipaludique, finance inclusive, restauration des écosystèmes du Lac, etc.). La perspective du Bureau pays du PNUD dans les années à venir est de faire une transition des interventions, du relèvement à la résilience pour aboutir à la stabilisation entière de la région.
A cet effet, le Bureau régional et national du PNUD s’est engagé pour la mobilisation des donateurs afin de financer de vastes programmes de relèvement, résilience et stabilisation de la région du Lac. C’est dans ce cadre qu’une délégation d’une quinzaine de personnalités issues principalement des ministères des affaires étrangères et diplomatiques de la Suède, du Pays-Bas et de l’Allemagne ainsi que des chercheurs est au Tchad et dans la région du Lac du 4 au 8 Mars 2018.

Cette mission a pour objectif de réaliser une visite exploratoire dans la région du Lac et d’évaluer les réalisations et besoins en termes de relèvement, résilience et stabilisation.
les deux videos de la Télévision nationale tchadienne

Recommandations du Colloque Regional sur la Radicalisation et l’Extremisme Violent dans le Sahel

Le colloque régional, qui a eu lieu à Bamako du  11 au 13 octobre 2016; sur le radicalisme et l'extrémisme violent a fait d'impo...