dimanche 21 octobre 2018

LA MICROFINANCE AU TCHAD



Un pays avec une énorme potentialité de croissance et d’innovation qui peuvent contribuer aujourd’hui à rendre le système financier tchadien inclusifs et de dessiner ce que sera la microfinance de demain.

L’avenir du Tchad réside en partie dans sa capacité à rendre son secteur économique et financier plus inclusif. La micro finance contribue aujourd’hui de manière directe au développement du secteur financier intermédiaire tchadien et africain.
Le terme « micro finance » fait référence à l’offre de services financiers aux personnes à faibles revenus ou exclues du système financier traditionnel formel. À l’origine, le terme était étroitement lié au microcrédit (de très petits prêts accordés à des emprunteurs non salariés, ayant des garanties limitées ou inexistantes, pour développer des activités génératrices de revenus), mais il a depuis évolué pour couvrir toute une gamme de produits financiers tels que l’épargne, l’assurance, les paiements, les transferts d’argent, etc.
La microfinance désigne également l’écosystème dans lequel agissent les acteurs qui encadrent, soutiennent et investissent dans la bancarisation des particuliers et le financement des très petites entreprises (TPE).
Depuis le premier sommet du microcrédit qui s’est tenu à Washington en 1997, le développement de la micro finance s’est caractérisé par :
la conception d’une offre autour de principes comme la solidarité, la proximité géographique et sociale des clients et la confiance ; une implication des bailleurs publics ayant fortement subventionné le démarrage du secteur ; la formalisation des activités à partir des années 1970-1980 avec la création d’institutions telles que la Grameen Bank ou la BRAC Bank au Bangladesh qui comptent des millions de clients ; la variété des acteurs impliqués, groupes informels, organisations non gouvernementales (ONG), coopératives, institutions financières non bancaires et banques, réseaux de micro finance internationaux…
 
Au Tchad, depuis 2002, l’Association Professionnelle Tchadienne des Etablissements de Microfinance (APT-EMF) défend les intérêts et renforce les capacités des membres, représente la profession auprès des autorités  et sensibilise le public.  Selon le dernier rapport de mission de supervision de la Cellule Technique chargée du suivi des EMF (CT-EMF), le secteur de la micro finance du Tchad compte 160 établissements de micro finance (EMF) agréés. 90% d’entre eux sont actifs dans la zone méridionale et interviennent à part égale en milieux rural et urbain. Généralement, ces EMF fonctionnent en réseau sous forme coopératives et représentent 94% de l’ensemble des prestataires. Le taux de pénétration est estimé à 2% ; ce chiffre inclut les EMF dont les dossiers d'agrément sont en cours d'instruction à la COBAC et qui comptent plus de 4 000 membres.
Notons qu’en 2005, les institutions de micro finance (IMF) africaines faisant partie de l’échantillon de l’enquête du Mix Market2 déclaraient 4,5 millions d’emprunteurs actifs pour un portefeuille de crédits de 1,3 Md$ et 5,7 millions d’épargnants pour un encours d’épargne de 1,2 Md$. En 2012, selon la même enquête du Mix Market, le nombre d’emprunteurs avait quasiment doublé (7,3 millions d’emprunteurs actifs), le portefeuille de crédits quintuplé (6,3 Md$) et le nombre d’épargnants quadruplé (21,6 millions d’épargnants et un volume d’épargne de 5,2 Md$).
Mais la croissance du secteur en Afrique est plus lente que dans d’autres régions du monde et le taux de bancarisation reste encore l’un des plus bas au monde (24 % en Afrique subsaharienne) après celui de la zone MENA3 (Demirgüç-Kunt et Klapper, 2012).

jeudi 13 septembre 2018

Feuille de route pour la domestication et la localisation ODD au TCHAD

Participants à l'atelier/JPO

 Les activités de l’atelier d’examen et de validation du rapport de contextualisation et de priorisation des cibles des objectifs de développement durable et de la feuille de route de mise en œuvre des ODD au Tchad se poursuivent. Les participants et les experts du PNUD ont passé au peigne fin le rapport à travers les travaux en carrefour sous les orientations de techniques de Madame Mylène Lavoie, de l’équipe Croissance Inclusive au Centre Région du PNUD Addis Abeba et Dr Daniel Gbetnkom du PNUD Tchad.
Participants à l'atelier/JPO
Pour cette feuille de route pour la domestication et la localisation des objectifs de développement durable (ODD) au TCHAD les participants ont utilisé l’approche de priorisation développée par le Centre Régional de Services du PNUD pour l’Afrique. Ainsi l’exercice vise à définir les cibles et les indicateurs des ODD conformes aux priorités et spécificités nationales. Elle procède par une démarche séquencée, sous trois filtres rigoureux axés sur – la pertinence, le niveau de priorité et la qualité statistique –, qui se repose sur un certain nombre de critères scientifiques.  
Madame Mylène Lavoie explique que cette feuille de route a pour but d'informer d'autres consultations au sein du gouvernement et avec d'autres parties prenantes sur la manière de faire progresser les ODD au niveau national pour l’atteinte des résultats de la Vision 2030. Pour cela le succès de la mise en œuvre du Programme 2030 nécessite un ancrage prudent dans les priorités et les réalités nationales.
Participants à l'atelier/JPO
La feuille de route est organisée autour de sept domaines, considérés comme des facteurs critiques de succès dans la mise en œuvre des ODD (alignement, priorisation et accélération, localisation et priorisation, données/statistiques, mécanismes de coordination, plaidoyer et sensibilisation et financement).

mardi 11 septembre 2018

Mise en œuvre des ODD

les autorités pendant la cérémonie d'ouverture de l'atelier/ JPO

 Dans le cadre de la mise en œuvre de l’Agenda 2030 sur les ODD au Tchad, le ministère de l’Economie et de la planification du Développement, en partenariat avec le PNUD organise cet atelier pour examiner et prioriser les cibles des ODD pour le Tchad. D’une manière spécifique l’atelier vise à valider le rapport de contextualisation et de priorisation des cibles des objectifs de développement durable et de la feuille de route de mise en œuvre des ODD au Tchad.   
Photo de famille des participants à l'atelier/JPO

Adoptés le 25 septembre 2015 au sommet des Nations Unies par l’ensemble des dirigeants du monde pour l’horizon 2030, les 17 ODD abordent les causes profondes de la pauvreté, les problèmes affectent la planète, la nature interconnectée des défis et des solutions et le besoin universel d’un développement qui fonctionne pour tous.
Afin d’honorer le principe de « ne laisser personne de coté », la Directrice pays du PNUD Carol Flore Smereczniak souligne : « le succès dans la mise en œuvre des ODD nécessité leur domestication dans chaque pays, en considérant les priorités nationales et les défis spécifiques ».
Présentation de l’Économiste principal du PNUD/JPO
Pendant quatre jours, les participants sous la conduite des experts du PNUD du Tchad et ceux d’Addis Abeba passeront au peigne fin le rapport de contextualisation  et de priorisation des cibles des objectifs de développement durable et de la feuille de route de mise en œuvre des ODD au Tchad. 

Pour le ministre de l’Economie et de la planification du Développement Dr Issa Doubragne, cette assise intervient à l’instant où le Gouvernement du Tchad se prépare à présenter son premier rapport national volontaire de suivi de la mise en œuvre des ODD appelé « examen national volontaire au forum politique de Haut niveau sur le développement durable édition 2019 ».  

samedi 8 septembre 2018

EVALUATION DES BESOINS LIES AUX ODD: UN EXERCICE AUDACIEUX


Mansour Ndiaye est Team leader Développement Durable et Croissance Inclusive, bureau régional du PNUD à Addis Abeba. Il est venu appuyer le Bénin dans le processus d’évaluation des besoins nécessaires pour l’atteinte des cibles des ODD au Bénin à travers un atelier qui a eu lieu du 4 au 9 juin 2018. Initié par le Projet d’Appui aux Stratégies de Développement  (PASD) appuyé par le PNUD, ce travail a réuni une centaine de cadres de l’administration et des personnes ressources provenant des Directions de la Programmation et de la Prospective (DPP) des ministères, de la Cellule de Suivi des Programmes Economiques et Financiers (CSPEF), de la Direction Générale des Politiques de Développement (DGPD), de la Direction Générale de la Coordination et du Suivi des ODD (DGCS-ODD), du PNUD ainsi que des personnes ressources.
M. Ndiaye dans l’entretien ci-dessous nous parle des enjeux, de l’intérêt, des contraintes et des méthodes du costing des ODD.

Monsieur Ndiaye, quels sont les enjeux du costing des ODD ?
 Permettez-moi de vous expliquer d’entrée de jeu, ce que c’est que le costing ou le chiffrage en français. Dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), ce travail se faisait de manière systématique, parce que les OMD étaient un programme social uniquement pour les pays en développement. Les pays développés s’étaient juste engagés pour financer les OMD 1 à 7 à travers l’OMD 8 sur le partenariat. C’est la raison pour laquelle, on faisait cet exercice de chiffrage puisque ça relevait d’un engagement des pays développés. Les pays en développement avaient simplement la responsabilité de mettre en œuvre les OMD avec l’appui et le financement des pays développés.  Donc c’était très clair.
 Avec le nouveau paradigme que constituent les Objectifs de Développement Durable (ODD), la question est moins évidente puisqu’il n’y a plus d’engagement des pays développés à les financer. Ceci pour différentes raisons. D’abord parce qu’il s’agit d’un agenda universel qui ne concerne pas uniquement les pays sous-développés mais l’ensemble des pays membres des Nations Unies. Car, les questions de pauvreté, d’inégalité et d’exclusion se retrouvent dans tous les pays. Et par définition, les éléments de développement durable sont de nature universelle. La deuxième raison est que, s’agissant spécifiquement du financement du développement, l’agenda d’action d’Addis Abeba issue de la conférence sur le financement du développement de juillet 2015, a clairement montré que ce financement ne peut plus relever de l’aide au développement étant donné que les sommes en jeu sont beaucoup plus importantes que celles que l’aide au développement peut couvrir.

De manière spécifique pour l’Afrique, les estimations les plus faibles concernant le coût annuel des ODD est de l’ordre de 600 milliards de dollars. Certaines estimations vont jusqu’à 3000 milliards de dollars par an. Or, les ressources traditionnelles dont disposent les pays africains à savoir, 50 milliards de dollars pour l’aide publique au développement, idem pour les investissements directs privés ainsi que pour les flux financiers illicites qu’on tente de recouvrer, dépassent à peine les 200 milliards de dollars contre un coût minimal de 600 milliards de dollars. Voilà pourquoi l’aide publique au développement ne peut être qu’un élément catalytique, c’est-à-dire qu’elle ne viendrait que pour aider à démarrer des actions. De ce fait, les efforts doivent surtout être orientés vers la mobilisation des ressources internes, des financements innovants, etc.
 Quel intérêt pour le costing des ODD ?
 On fait le costing d’abord, parce qu’il y a nécessité de réaliser les ODD. Mais comme on ne peut pas couvrir tous les besoins liés aux ODD, il est bon de savoir combien vont coûter les mesures les plus prioritaires. Une fois qu’on connait ces coûts, l’action suivante reviendra à rechercher la proportion que les ressources financières internes permettront de couvrir. Ainsi, le gap pourra être couvert en partie par l’aide publique au développement, les fonds verticaux, etc. Donc le costing est un outil d’aide à la décision pour les gouvernements, pour leur donner une idée très réaliste de leurs ambitions en matière de mise en œuvre des actions pour atteindre les ODD tout en les mettant en rapport avec les possibilités de financement. Cela permet d’avoir une planification du développement, qui ne relève pas du rêve, mais qui soit plus en rapport avec les ressources effectivement disponibles pour pouvoir financer cet agenda.

Quelle est la particularité de la démarche adoptée par le Bénin ?
 La particularité de l’approche relève du costing lui-même. La raison est que, passer des OMD aux ODD revient à passer d’une approche qui était sectorielle à une approche intersectorielle, où chaque objectif à un impact sur l’autre. Lorsque vous voulez faire l’estimation d’une mesure sectorielle, c’est relativement simple. Mais lorsqu’il s’agit d’une mesure, qui a des impacts sur les autres et qui elle-même reçoit les impacts des autres, cette combinaison ou cette complexité fait que l’exercice de chiffrage devient excessivement difficile. L’originalité, c’est que le Bénin a eu l’audace de s’engager dans ce processus.
La démarche utilisée ici est une démarche tout à fait nouvelle et amène justement les acteurs qui travaillent sur cet exercice à sortir un peu de leurs zones de confort. Ils sont habitués à travailler en silo dans leur propre secteur et là, ils se rendent compte que les interventions ont des répercussions sur d’autres secteurs. Donc, ils doivent parler non seulement entre institutions mais aussi, entre ministères et entre acteurs. C’est cette complexité qui est originale. Trouver une démarche qui permet de pouvoir saisir le chiffrage nonobstant cette complexité est ce qui est en train de se faire au Bénin.

Que faire pour surmonter les difficultés et réussir l’exercice ?
L’exercice est déjà en très bonne voie.  Les difficultés sont de plusieurs ordres. La première difficulté est d’abord de pouvoir accepter de travailler de manière intersectorielle et de comprendre que les défis des ODD sont des défis par nature multidimensionnels et multi-acteurs. J’aime bien donner l’exemple de la pauvreté. Tous les ministères dans un pays contribuent à la lutte contre la pauvreté, que les acteurs de ces ministères en soient conscients ou pas. Comparez maintenant une situation, où tout le monde est pleinement conscient et collabore pour atteindre l’objectif à une situation où cette conscience n’est pas très élevée et que chacun travaille dans son coin.
La deuxième difficulté est d’ordre méthodologique ; mais nous sommes venus avec une méthodologie, qui permet de contourner cette difficulté. C’est déjà un acquis. La troisième difficulté, c’est de pouvoir décliner les actions à chiffrer de manière précise et spécifique. Il faut donc tout faire pour ne pas rester sur des mesures d’ordre général et générique, mais se focaliser sur des mesures très spécifiques pour atteindre les ODD, des mesures sur lesquelles on peut mettre un coût.
La quatrième difficulté, c’est justement le chiffrage lui-même à savoir que même si vous avez l’action, il peut s’agir d’une action connue, auquel cas on peut utiliser les coûts unitaires existants. Mais on peut être amené à chiffrer des activités plus complexes qui ne sont pas nécessairement connues. Dans ce cas, il faut se référer aux proxys, des approximations qui consistent à voir si dans d’autres pays, en particulier des pays voisins, une expérience de même nature a été faite, pour pouvoir s’en inspirer et dériver un coût qui serait pertinent pour le Bénin. Il y a également la méthode dite historique, qui consiste à dire, cette chose nous l’avons faite mais il y a longtemps. Il va donc falloir prendre ce coût et l’actualiser en prenant en compte l’évolution de l’inflation. 
 Nous avons également des méthodes dites de planification budgétaire et qui consistent à dire cette chose nous la faisons mais pas forcément dans l’optique d’atteindre les ODD. On va quand même regarder l’allocation budgétaire affectée à cela chaque année et prendre cela comme point de référence pour pouvoir projeter ce dont nous aurions besoin pour atteindre les ODD. Il y a d’autres méthodes telles que la méthode basée sur la modélisation qui, avec des informations assez fines peuvent permettre de projeter les coûts en utilisant un modèle économétrique.
 La plus grosse difficulté et la dernière qui reste, porte sur les données. Comme vous le savez, nous sommes dans des pays où l’appareil statistique est, quelques fois, très faiblement doté. Il n’a pas la capacité de produire toutes les informations statistiques. Et donc ce que nous sommes en train de faire, c’est justement, chaque fois qu’une donnée est manquante, d’essayer de développer une approche qui permet d’avoir une approximation de la donnée que nous cherchons.

Pour plus d’information : mansour.ndiaye@undp.org;

mercredi 11 juillet 2018

Première édition de la journée internationale du parlementarisme: Conference sur les ODD


Pour célébrer cette journée, l’Assemblée nationale, à travers la Commission Spéciale chargée du suivi de la mise en œuvre des ODD organise ce matin cette conférence de presse  « le rôle de l’Assemblée Nationale dans le suivi de la mise en œuvre des objectifs de développement durable au Tchad ». L’objectif global de la Conférence de Presse est d’informer et échanger autour du rôle que joue l’Assemblée Nationale du Tchad dans le suivi de la mise en œuvre des Objectifs de développement durable au Tchad. La célebration de la Journée internationale du parlementarisme est co-présidée par l’honorable député ISSA Mardo Djabir, Président de la Commission Spéciale chargée du suivi de la mise en œuvre des ODD et M. Stephen Tull, Représentant du Système des Nations Unies au Tchad.
L’ancien secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon declare : « les parlementaires peuvent jouer un rôle central à repenser la manière dont les politiques sont conçues et réalisées. Vous pouvez contribuer à orienter les programmes nationaux vers des objectifs de développement durable. Vous pouvez porter les vues et les aspirations de vos citoyens dans l’arène mondiale. Grâce à l’aide publique au développement et aux ressources nationales, vous pouvez vous assurer que les efforts de développement durable reçoivent le financement nécessaire à leur réalisation. Vous pouvez également promouvoir l’égalité des sexes dans vos propres rangs. De toutes ces manières, les parlementaires peuvent prendre la tête de notre campagne mondiale visant à ouvrir la voie à un avenir plus équitable et plus durable ».
Compte tenu de ces responsabilités, les parlements joueront un rôle clé pour assurer la réussite du programme des ODD. En conséquence, des citoyens du Tchad comptent sur le parlement pour ratifier ce programme de développement post-2015 et le traduire en une législation saine et applicable. “ Chaque fois qu’une loi est élaborée, les députés peuvent chercher à savoir si elle est compatible avec les ODD, et proposer des amendements dans le cas contraire. Les commissions parlementaires peuvent veiller à ce que leurs procédures de contrôle soient en mesure de tenir les ministres et les fonctionnaires responsables du progrès national effectué sur les ODD. Et les parlementaires, comme représentants de ceux qui les ont élus, peuvent assurer un dialogue permanent avec la société civile sur ces progrès.”
Les points suivants identifient les voies et mécanismes principaux à travers lesquels le parlement peut assurer la mise en œuvre des ODD:
Légiférer
Le parlement tchadien a le pouvoir d’adopter des législations et approuver des accords nationaux et internationaux. Le parlement doit utiliser cette capacité pour faciliter la mise en œuvre des ODD, d’abord en les adoptant et deuxièmement en élaborant de nouvelles lois ou en proposant une modification de la législation existante afin de promulguer une législation adaptée aux exigences du programme des ODD.
Il est important de noter que l’adoption des ODD par les États membres des Nations Unies ne rend pas ces accords contraignants. Le Tchad a besoin d’aller de l’avant et d’intégrer les grands principes dans la législation nationale, ou – si possible ou nécessaire — dans la constitution. La plupart des ODD relèvent des droits fondamentaux et leur intégration dans la constitution ne fait qu’assurer l’engagement du pays à protéger les droits de l’homme.
Le contrôle parlementaire
Un rôle et une responsabilité clé du Parlement sont ceux d’examiner et d’approuver le budget de l’État. Chaque année, le parlement révise le budget national compte tenu des dispositions budgétaires et des priorités proposées par le gouvernement. Le Parlement approuve le budget et alloue les fonds de manière à offrir à chaque institution de l’État les ressources qui lui sont nécessaires pour mener à bien leurs objectifs pour l’année en cours. À leur tour, les ministères rendent compte au Parlement, en précisant comment leurs dépenses ont contribué à la réalisation des politiques approuvés par le Parlement.
Le contrôle parlementaire permet aussi de voir si les politiques du gouvernement ont été réalisées et si elles ont eu l’impact souhaité. Les parlementaires ont généralement recours à l’heure des questions pour procéder à cette évaluation dans laquelle il leur est possible de poser des questions au gouvernement, aux ministres (individuellement) au sujet de leurs stratégies et leurs réalisations. C’est aussi une occasion privilégiée pour solliciter des faits et des statistiques. Ce faisant, les parlementaires obtiennent un meilleur aperçu de la situation du pays, leur permettant ainsi de prendre des décisions éclairées sur les priorités et les objectifs pour l’avenir. Dans le cas des ODD, un débat et un questionnement aideraient à déterminer quels objectifs sont les plus pressants à réaliser. Les députés peuvent alors orienter les efforts vers les plans et les programmes qui permettraient d’atteindre les objectifs à l’horizon 2030 comme convenu.
Débat 
Les débats parlementaires attirent habituellement l’attention des médias. Chaque parlement a des Règles de procédure sur la manière de lancer un débat, mais pratiquement tous les parlements octroient aux députés ce privilège. Les débats permettent aux députés de proposer, de suggérer, de s’opposer ou d’approuver tout programme ou plan en cours de discussion.
Compte tenu de l’intérêt que portent les médias pour les débats en plénière qui abordent des sujets sensibles, les députés peuvent profiter de ces occasions pour deux raisons principales. Tout d’abord, les débats en plénière peuvent catalyser une discussion ou un débat public plus large sur les ODD. Ce qui représente une excellente occasion d’informer les citoyens du rôle que leurs parlements et leurs gouvernements jouent dans la réalisation des ODD et permet aussi d’inclure les organisations de la société civile dans le débat, qui — comme mentionné ci-dessus — sont des acteurs essentiels dans toute stratégie de mise en œuvre. Deuxièmement, les députés peuvent profiter de cette occasion pour promouvoir les lois ou les amendements qu’ils soutiennent. Dans la plupart des cas, cependant, ces actions sont du ressort d’un parti politique ou d’un groupe de parlementaires, et non de députés à titre individuel.
Audience du Comité
Les ODD devraient être abordées au niveau des comités. La focalisation sectorielle des comités permet aux députés d’inviter des experts sur un sujet particulier et de leur demander des informations et des commentaires spécifiques. La disponibilité des connaissances et des expertises sectorielles dans les comités rendra possible un suivi des progrès effectués dans la mise en œuvre d’un ODD spécifique, et cela en coordination avec les ministères et les organismes gouvernementaux concernés. Les comités les plus compétents en matière d’ODD sont les comités chargés du développement ; de l’énergie et des ressources naturelles ; de l’enfance et de la famille ; de la santé et de l’environnement et de la culture et de l’éducation. 
Collaboration multipartite
La réalisation des ODD demande un travail collectif et des efforts concertés. Les députés de différents partis qui partagent les mêmes intérêts pour les objectifs de développement durable, ou pour l’un des objectifs, peuvent unir leurs forces et créer un groupe interpartis à l’appui des ODD.
Préoccupations financières et le budget
Sans le soutien des députés, le programme des ODD ne recevra pas de l’État les ressources financières nécessaires à sa mise en œuvre. Cela contrariera les gens et gèlera probablement le processus de développement. Par conséquent, les députés devraient assumer la responsabilité de faire campagne pour un budget approprié qui permet la mise en œuvre rapide et efficace du programme des ODD. Il est essentiel de placer les ODD sur l’ordre du jour du Parlement, à l’ouverture des sessions budgétaires et des débats. Les parlementaires sont désormais conscients de l’importance des ODD et doivent ainsi consacrer chaque année, une part du budget national pour la mise en œuvre de ces objectifs. La période qui précède l’approbation annuelle du budget est l’occasion idéale pour les députés de soulever la question des ODD lors des sessions parlementaires et de faire campagne pour obtenir une part appropriée du budget pour les ODD.
La société civile et le secteur privé 
Les organisations de la société civile portent aussi les préoccupations et les intérêts du peuple. Faire appel à la participation des organisations de la société civile, du secteur privé et des investisseurs est une étape importante dans la mise en œuvre des ODD. Cette coopération est également nécessaire pour financer le développement durable. Au Tchad, le parlement a besoin du soutien financier du secteur privé, comme débattu lors des négociations du Programme d’action d’Addis-Abeba sur le financement des ODD.  
L’ONU considère le secteur privé, les investisseurs, les universitaires et les institutions comme des partenaires engagés en faveur du changement et du développement. Par conséquent, le parlement tchadien peut bénéficier davantage de ce partenariat s’ils invitent les organes intergouvernementaux à présenter leurs travaux et leurs points de vue sur le développement. Deuxièmement, le parlement peut faciliter les investissements et la coopération en approuvant une législation en faveur du commerce équitable.
Coopération avec le pouvoir exécutif
L’intégration du programme des ODD dans les stratégies nationales déjà instaurées nécessite une coopération entre les pouvoirs législatifs et exécutifs. Une coopération qui permettra au gouvernement et autres institutions de l’État d’offrir un soutien pratique et technique pour la réalisation du programme adopté par le parlement. Le programme des ODD doit être une préoccupation majeure de la politique étrangère au cours des deux dernières années. Le gouvernement peut chercher à aligner ses engagements internationaux avec ses priorités nationales de développement.
Coopération et conférences internationales
Lors de la mise en œuvre des objectifs de développement durable, il est important de rester informé de ce qui se passe et d’avoir une idée sur la direction qu’emprunte le programme. Ceci peut être réalisé en faisant partie du réseau international de travail sur les ODD, et en participant à des réseaux et des organisations qui offrent un soutien au programme des ODD. Ceux-ci incluent : le Forum politique de haut niveau sur le développement durable (HLPF), l’Assemblée des Nations Unies pour l’environnement (UNEA) du Programme des Nations Unies pour l’environnement de l’UNEP, par exemple en mai 2015 les parlementaires africains ont adopté la Déclaration des Parlementaires africains sur les Objectifs du Millénaire pour le développement et le programme de développement de l’après 2015, assurant leur engagement à coopérer à la réalisation des ODD dans la région.

Recommandations du Colloque Regional sur la Radicalisation et l’Extremisme Violent dans le Sahel

Le colloque régional, qui a eu lieu à Bamako du  11 au 13 octobre 2016; sur le radicalisme et l'extrémisme violent a fait d'impo...